Comment faire approuver un projet et convaincre son patron?

Quand on est salarié et qu’on a des idées, on aimerait bien avoir un peu plus souvent le courage d’aller les présenter. Il n’y a rien de plus ennuyant qu’un travail purement exécutif, n’est-ce pas? Alors, comment présenter un projet pour convaincre son patron ?

Tu es jeune, dynamique, ambitieux/se et tu as plein d’idées en tête. Tu aimes prendre des initiatives et tester de nouvelles choses. En tant que jeune webmarketeur, tu aimes tester les tendances, tu as des idées de campagnes, de vidéos, de jeux concours. Tu peux faire certaines choses toi-même, tu as besoin d’un budget et de certains collaborateurs pour d’autres. Mais dans tous les cas, tu dois faire approuver tes idées et convaincre ton patron de te faire confiance.

Et là, vient le dilemme. Présenter l’idée sans avoir rien commencer, c’est risqué : ton manager risque de ne pas comprendre ce que tu veux faire, et tout ce qu’il va entendre, c’est les coûts impliqués. Même si le projet est clair dans ta tête, si tu n’as rien de concret sur papier, ça risque d’être difficile de convaincre. Si tu présentes le projet presque fini et qu’il est refusé pour X ou Y raison, tu as travaillé dessus pour rien.

Alors comment faire pour voir réaliser ses idées? Transformer ses idées en projets et les voir accepter est tellement valorisant, enrichissant et motivant! C’est ce que tu vas voir dans cet article, où je te présente 7 étapes qui me paraissent indispensables pour mettre toutes les chances de ton côté lorsque tu dois faire valider un projet et convaincre ton patron de mettre en place tes idées. Cet article est basé principalement sur ma propre expérience et sur mes observations.

faire approuver ses idées pinterest

1. Définir le « pourquoi » du projet

Le « pourquoi » des choses est l’élément le plus important de tous. Tu l’as sûrement déjà entendu, en webmarketing ou ailleurs. Si tu ne sais pas pourquoi tu fais ce que tu fais, alors ce que tu fais n’a pas de sens. Que ce soit à l’échelle personnelle, professionnelle ou autre, il est important que le « pourquoi » soit fort et donne du sens à tes actions. (voir le fameux TEDx talk de Simon Sinek sur le pourquoi des leaders qui inspirent l’action).

Tu dois donc éclaircir le pourquoi de ton idée. Une simple intuition ou envie ne suffit pas. Base ton idée sur un constat, un fait, un manque, un challenge, un objectif.

Par exemple :

Ta communauté sur les réseaux sociaux ne communique que très peu entre elle => tu souhaites créer un groupe Facebook animé et modéré de façon active

Ta communauté est désengagée et réagit peu à tes publications => tu voudrais créer un jeu concours réservé à tes clients.

Tes clients ne connaissent pas bien ta marque, ton identité est faible => tu souhaites produire une série de vidéos autour des valeurs X ou Y

Tu sais que les ventes en ligne de ton entreprise pourrait être bien meilleures => tu décides de mettre en place une stratégie de marketing de contenu.

Le constat de départ (l’objectif, le challenge) te donne la raison, le pourquoi de ton idée. Tu dois expliquer ensuite comment ce projet va te permettre de te rapprocher de ton objectif et permettre à ton entreprise de combler le manque. Quel est l’intérêt pour ton entreprise de répondre à ce manque?

2. Objectifs SMART

Les managers parlent chiffres et retour sur investissement. Si ton objectif n’est pas quantifiable en monnaie, traduit-le en chiffre autant que possible. Par exemple, ton manager pourrait très bien te demander à quoi ça sert d’avoir une communauté engagée sur les réseaux sociaux. Pourquoi c’est important? C’est à toi d’estimer l’intérêt d’avoir une communauté engagée, de créer des fans ou des ambassadeurs de ta marque et d’expliquer qu’une communauté de fans à plus tendance à acheter tes produits. Si tu as des chiffres ou des statistiques de ces tendances selon ton secteur, c’est le moment d’en parler.

Après avoir posé les fondations de ton projet et expliqué le pourquoi, tu peux rentrer dans la définition plus claire de l’objectif principal en reprenant les techniques de l’objectif SMART. Un objectif SMART doit être Spécifique, Mesurable, Atteignable et Ambitieux, Réaliste et Temporel. Pour plus d’informations sur ce sujet, je t’invite à lire l’article dédié aux objectifs SMART que j’ai écrit il y a quelques semaines.

2. Définir les moyens

De quoi as-tu besoin pour atteindre ton objectif? Pour optimiser ta crédibilité, tu dois montrer que tu as pensé à tout et ne pas te laisser surprendre. Quelles sont les ressources humaines, matérielles, financières et temporelles dont tu as besoin pour réaliser ton projet? Peux-tu tout faire tout seul, as-tu besoin d’un budget?

Il est important que tu saches identifier tous tes besoins.

Exemple de besoins : 

Besoin matériels : logiciels (de design, d’analyse, de création, de gestion de projet…), appareil photo, caméra vidéo, accessoires etc.

Besoin humain : freelance, collaborateur internes/externe , travail seul ou en équipe, etc.

Besoin financier : budget (pour assurer le financement des besoins matériels ou humain)

Temps : Comment tu vas intégrer ce projet dans ton emploi du temps tout en continuant d’assurer le reste de tes missions.

Autres : besoin en connaissances (formations, atelier…)

Détaille l’utilité de chacune de ces ressources et explique l’impact que cela aura sur le projet si tu ne les as pas. Annonce le prix de chacune des ressources avant d’annoncer le prix final pour pas faire « peur ». L’idée est que ton manager comprenne la décomposition des coûts sans avoir a trop se poser de questions.

3. Montre des exemples

montre des exemplesMontre des exemples de ceux qui font déjà ce que tu as fait (et leurs résultats). Je me rappelle, lorsque j’ai débuté dans mon premier emploi en tant que responsable marketing digital d’une ONG sur Londres, une de mes premières missions a été de gérer la refonte du site internet principal. Je travaillais avec un webmaster à qui je communiquais ma vision du site internet. Et parfois, j’avais des idées sorties de nulle part. J’imaginais quelque chose dans ma tête, je me disais que « ça avait l’air cool », et je lui disais de le mettre en place sur notre site. L’utilité de ces idées étaient parfois futile et souvent, je n’avais pas de raisons valables derrière mon idée, à part que ça ferait joli. La question préférée de mon webmaster, après avoir essayé de me dire qu’il y a des façons plus simples de faire les choses, était « Tu connais des sites qui font ce que tu as en tête? Montre moi un exemple! ».

Mes idées n’étaient pas forcément mauvaises, mais j’avais tendance à mélanger l’utilité, la fonctionnalité, l’accessibilité et le design du site internet (erreur de débutant!). Les trois premiers points sont essentiels, le design et les animations viennent ensuite. J’ai appris, grâce à ce webmaster, à anticiper la question « montre moi que ça marche » et  à toujours montrer des exemples. D’ailleurs, si tu as besoin d’inspiration pour approfondir ta stratégie webmarketing, va voir mon article sur le benchmark concurrentiel publié il y a peu. Réaliser un benchmark concurrentiel pourra t’aider à trouver des exemples pour tes stratégies webmarketing.

Évidemment, ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas innover mais il est conseillable de commencer par les basics et les bonnes pratiques avant de devenir ‘wild’, les amis! C’est comme en cuisine : tu peux toujours inventer tes propres recettes et méthodes, mais tous les excellents chefs ont d’abord appris les règles de base en cuisine et ont commencé par cuisiner les plats traditionnels. Chaque chose en son temps!

4. Présenter un rétro-planning

Après avoir éclairci le « pourquoi c’est important », l’objectif principal et les moyens nécessaires, si ton manager est toujours là, présente lui le rétro-planning. Un rétro-planning est un calendrier qui part du résultat final et qui décrit toutes les étapes intermédiaires qui te permettront de mener ton projet à bout.

Cette étape permet de rassurer ton manager, de lui montrer que tu sais où tu vas et te permet aussi de visualiser concrètement le déroulement du projet. C’est aussi le moment où tu listes les étapes importantes durant lesquelles ton manager (ou autres collaborateurs) devront intervenir, contribuer et donner leur approbation. Il est aussi important d’expliquer quelles étapes dépendent les unes des autres afin de responsabiliser chacun des membres de l’équipe.

5. Faire une réunion avec tous les décideurs, influenceurs, collaborateurs

Il y a sûrement une personne qui est le décideur final (ton manager, le chef d’équipe, le directeur général, le directeur financier etc.). Seulement, cette personne n’est pas toujours la plus experte dans le sujet ni la plus proche des équipes. Il est important de présenter le projet aux autres personnes qui sont concernées de près ou de loin par le projet et qui ont des chances de supporter ton projet et d’influencer ton projet positivement.

C’est alors à toi de voir, selon ton cas, s’il vaut mieux présenter le projet à tout le monde en même temps dès la première fois ou s’il vaut mieux susciter d’abord l’intérêt d’un ou de plusieurs membres du groupe d’abord. Dans tous les cas, il me semble crucial d’organiser une réunion avec tous les personnes concernées directement ou indirectement par ton projet, à un moment ou à un autre. Ceux qui seront impactés (ou un représentant), ce qui vont devoir travailler avec toi, ceux qui financent et ceux qui décident.

Soit ouvert aux critiques constructives et aux avis extérieures

Cette réunion est aussi le bon moment pour réajuster tes idées. Prépare toi à ce que ton projet soit remis en question, à ce que tes idées soient questionnées et à ce que tout le monde donne son avis. Ça peut être un peu frustrant, surtout de la part de personnes qui ont moins d’expérience sur le sujet que toi, mais ça peut aussi être positif. Soit ouvert aux critiques constructives et acceptent les retours car un regard neuf sur ton projet est toujours utile. Je reconnais que ce n’est pas évident et que l’ego lutte un peu contre les changements induis par les idées des autres. C’est un travail personnel à faire et c’est important car une réflexion faite à plusieurs est souvent plus enrichissante et profonde qu’une réflexion faite seule.

6. Conclure l’accord

Il n’y a rien de pire qu’un projet présenté, à moitié approuvé et qui meurt à la fin de la réunion car rien n’a été décidé. Avant de terminer la présentation du projet il est important de demander la décision finale. Si le décideur est capable de donner sa décision sur place, il faut ensuite distribuer les rôles et clarifier le processus d’approbation intermédiaire au projet. Tu veux faire un jeu concours sur Instagram ? Qui va écrire, relire, approuvé le contenu de promotion du jeu? Quelle liberté as-tu pour publier et à quelle fréquence? Qui va approuver le contenu de la landing page? Conclure l’accord est l’étape la plus importante d’une réunion efficace, garante de la bonne réalisation du projet.

7. Travaille ton état d’esprit

Croire en soiCe point est le dernier point de mon article mais ça pourrait être le premier tellement il est important. Évidemment, si tu veux que l’on croit en toi et en ton idée, tu dois y croire toi-même. Aie confiance en toi, maîtrise ton sujet, soit convaincue et persuadé. Même si tu es junior et même si tu n’as encore jamais fait ce que tu proposes. Même si tu as peur de te tromper. Ce n’est pas grave. L’important c’est de passer à l’action car c’est en faisant qu’on apprend. Et si ton entreprise veut des résultats exceptionnels grâce à son marketing en ligne, et bien elle va devoir apprendre à se tromper et à te faire confiance. On n’a jamais des résultats extraordinaires du premier coup.

Alors anticipe. Prépare les objections. Propose des phases de test avec des investissements limités. N’aie pas peur de prendre des risques, et rassure ton manager.

Et même si malgré tout ça, tu doutes encore? Fais semblant. Prépare toi psychologiquement et agit comme si tu avais ultra confiance en toi. Quelques pistes pour t’aider à bluffer ton manager et à cacher ton manque d’assurance.

    • Apprends les 6 étapes décrites précédemment par coeur. Quand tu présenteras le pourquoi, les objectifs, les moyens, le rétro-planning, le projet en réunion, tu n’auras pas besoin de lire tes notes. Tu parleras en regardant chacune des personnes présentes dans les yeux.

 

    • Parle d’une voie dynamique et avec le sourire. Montre que tu es enjoué et que tu crois en ce que tu dis. Adopte un ton de voie assuré. Ne termine pas tes phrases en levant la voie (ce qu’on fait souvent en posant une question, ce qui montre du doute). Termine tes phrases en baissant la voie.

 

    • Ne parle pas trop vite. Prend ton temps et fait des pauses. Parfois, ton audience pourrait montrer des signes d’impatience et là, tu pourrais croire que tu déranges et que plus vite tu as fini, mieux c’est. Tu te trompes. Pèse tes mots et prends ton temps. Ça n’a rien de naturel, et je suis la première à vouloir parler vite pour finir vite. Mais l’expérience m’a montrée que plus tu prends ton temps et pèse tes mots, plus on t’écoute.

 

  • Évite les « je crois, je pense que, peut-être ». Et là, je parle surtout aux filles. Pourquoi nous les femmes, on a tendance à se dévaloriser tout le temps? Je me rappelle qu’avant (et j’avoue que ça m’arrive encore de temps en temps) lorsque je présentais un projet un phase de construction, j’avais tendance à dire « C’est juste un brouillon, c’est juste une idée, il y a pleins de choses à améliorer, ce n’est pas fini… ». Et aussitôt dis, je m’en voulais. Car la personne qui lit ou qui regarde ce que j’ai préparé s’attend de base à voir un truc médiocre. Une fois, on m’a dit en rigolant et d’un ton ironique « et bien, ça donne envie! ». Heureusement pour moi, ce que j’avais fait était plutôt bon et on m’a encouragé à aller au bout de mon projet.

Depuis ce jour, je me suis promis de ne plus me dévaloriser. Ou je reste neutre et j’observe les réactions, ou je montre mon enthousiasme et ma positivité.

  • Prépare les réponses aux objections possibles. Acceptes aussi de ne pas avoir la réponse à tout et si c’est le cas, reste honnête, et promet de revenir avec une réponse plus tard.

Sur ce, il n’y a plus cas!

Cécile Dhour

Digital Marketeuse sur Londres depuis 2015.

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